Alors que le débat sur le budget communal aurait dû apporter des perspectives, il a surtout révélé une gestion en sursis. Entre une Échevine des Finances aux explications laconiques et un Directeur Financier qui tire la sonnette d’alarme, la commune s’enfonce dans le régime restrictif des “12e provisoires”.
Décryptage d’une crise qui ne dit pas son nom.
Imaginez que vous n’ayez pas le droit de fixer votre budget pour l’année 2026. La loi vous autorise alors chaque mois à dépenser maximum 1/12e de ce que vous avez dépensé l’année précédente (en 2025).
C’est un aveu d’impuissance qui ne veut pas s’avouer.
En restant sous le régime des douzièmes provisoires, la commune de Beauvechain se condamne à l’immobilisme : Vous pouvez payer les factures d’électricité et les salaires (dépenses ordinaires), mais vous n’avez pas le droit de lancer de nouveaux projets.
Si l’Échevine des Finances a tenté de minimiser l’impact de cette situation lors des derniers débats, la réalité technique est bien plus brutale : tant que le budget n’est pas validé, la commune ne peut plus investir. Aucun nouveau chantier, aucune rénovation d’envergure, aucune vision d’avenir.
Et cela pourrait durer car un audit financier doit être réalisé pour identifier où sont les problèmes dans la gestion communale, cet audit est attendu depuis décembre 2024… vous avez bien lu.
L’avis du Directeur Financier

Le pavé dans la mare
Le rôle du Directeur Financier (DF) : Il est le “gardien du temple”. Si le budget lui semble irréaliste ou dangereux, il rend un avis négatif. Sans son feu vert, la commune avance à l’aveugle, ce qui peut mener à une mise sous tutelle ou à une obligation d’augmenter les impôts pour boucher le trou.
Le grand absent du discours officiel est pourtant le plus loquace dans ses rapports : le Directeur Financier, contrairement au ton rassurant de la majorité, ce dernier pointe une situation délicate. Pire, il annonce ce que personne ne veut entendre : la nécessité inéluctable d’une augmentation des impôts si la trajectoire ne change pas.
Les chiffres sont têtus. Les charges explosent :
- Cotisations de pension et charges sociales en hausse.
- Coûts des travaux révisés de +20 % à +50 %.
- Poids du CPAS (15%) et de la Zone de Police (6%).
Comme si tout allait bien alors que les coûts réels s’envolent ?
L’Échevine évoque des difficultés liées au chômage ou à la rénovation du réseau ORES, mais évite soigneusement d’expliquer pourquoi le budget est aujourd’hui bloqué.
Face à ce constat, l’opposition et les observateurs s’inquiètent. Le rapport de l’audit, attendu comme le messie, ne suffira pas à compenser le manque de pilotage actuel.
En attendant, la commune a engagé du personnel pour la communication, est-ce bien la priorité quand un bateau coule ?
La “présentation hallucinante” de ce budget laisse un goût amer. Beauvechain mérite une gestion transparente et dynamique, loin des calculs politiques qui cachent la réalité des chiffres.
Pourtant des solutions existent : Nous développerons ces pistes dans de prochains articles
Le conseil communal du 26 janvier 2026 est disponible en ligne (un problème de caméra subsiste et le son est catastrophique, nous essayerons d’apporter une amélioration prochainement).

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