Le conseil communal du 26 mai 2026 s’est déroulé dans une ambiance particulière.
Dès l’ouverture de séance, le président a lui-même évoqué un conseil « légèrement plus court aujourd’hui ». Au-delà de cette brièveté inhabituelle, plusieurs dossiers importants ont surtout laissé une impression de flou et de manque de réponses concrètes.
10 000 € pour un nouvel avocat sur les baux à ferme : pourquoi ? (à partir de 6’20” en vidéo pour mieux comprendre les échanges)
Le point le plus sensible concernait la réforme des baux à ferme communaux et la décision de mandater un nouveau cabinet d’avocats pour un montant annoncé de 10 000 €.
La majorité a justifié cette dépense par la complexité de la nouvelle législation wallonne, la volonté d’intégrer des clauses environnementales, ainsi que des objectifs liés à l’érosion, à la biomasse et à l’installation de jeunes agriculteurs.
Mais ces explications soulèvent de nombreuses interrogations. Depuis la réforme wallonne du bail à ferme entrée en vigueur en 2020, le cadre juridique prévoit déjà :
- des clauses environnementales ;
- des modèles-types de baux ;
- des outils spécifiques pour les pouvoirs publics.
Autrement dit, les mécanismes invoqués par la commune existent déjà au niveau régional. Il ne s’agit donc pas d’un vide juridique.
Dès lors, plusieurs questions restent ouvertes :
- Pourquoi recourir à un cabinet privé coûteux si le dispositif régional est déjà largement structuré ?
- La commune cherche-t-elle réellement uniquement des clauses environnementales ?
- Ou poursuit-elle d’autres objectifs liés à la maîtrise future des terres communales ?
Le manque de clarté des réponses données en séance renforce ce sentiment. Une explication précise devrait être fournie au conseil communal et aux citoyens, avec communication des éléments objectifs : avis juridiques, échanges avec l’avocat, analyse comparative avec les outils régionaux existants et justification du coût.
Pourquoi avoir réduit la collaboration avec Terre-en-vue ?
Un autre élément interroge : la commune semble avoir réduit ou arrêté sa collaboration avec Terre-en-vue, organisme pourtant spécialisé dans l’accompagnement des communes, des agriculteurs et des propriétaires publics sur les questions foncières, agricoles et environnementales.
Si un accompagnement spécialisé existait déjà, potentiellement à moindre coût, pourquoi privilégier aujourd’hui une nouvelle mission juridique privée ? Cette question mérite une réponse claire.
Derrière ce dossier, le véritable débat semble donc dépasser largement la simple question environnementale. Il touche à la gestion future du foncier communal,< à la stabilité des exploitations agricoles, aux contraintes du bail à ferme et à la vision politique de l’agriculture locale.
Plusieurs questions citoyennes abordées en fin de séance
En points divers, plusieurs interventions ont également attiré l’attention.
La commune a confirmé que le monument du Pilori avait été accidentellement endommagé par un engin de déneigement. Les morceaux auraient été récupérés et un dossier d’assurance est en cours.
La question du sentier 24 a également été soulevée, notamment concernant la disparition répétée de panneaux, le manque d’entretien et les tensions persistantes autour de ce sentier patrimonial.
Une question a aussi été posée concernant l’accueil futur d’un groupe de Wallons du Wisconsin, parfois surnommés les « Cousins d’Amérique », attendu prochainement à Beauvechain.
Audit communal et finances : toujours peu d’informations
Autre constat marquant : l’audit communal pourtant très attendu n’a pas été abordé lors de cette séance.
La modification budgétaire a par ailleurs été reportée au mois de juin, la majorité invoquant des informations ministérielles reçues tardivement.
Dans un contexte financier sensible, ce report et l’absence de débat de fond laissent plusieurs zones d’ombre sur la situation réelle des finances communales.
Une impression générale de flottement
Au final, ce conseil communal aura surtout laissé une impression de gestion prudente, mais peu transparente : dossiers importants reportés, réponses très générales et débats de fond encore évités.
Le dossier des baux à ferme illustre particulièrement cette situation. Derrière des justifications environnementales assez vagues, beaucoup s’interrogent désormais sur les véritables orientations foncières et agricoles poursuivies par la commune.
Sources et références utiles :
- Réforme wallonne du bail à ferme — Wallex :
https://wallex.wallonie.be/eli/loi-decret/2019/06/20/2019015074 - Notaire.be — Changements importants pour le bail à ferme en Wallonie :
https://www.notaire.be/actualites/des-changements-importants-pour-le-bail-ferme-en-wallonie-partir-du-1er-janvier-2020 - Comptoir foncier — Modèles-types de baux à ferme pour propriétaires privés et publics :
https://www.comptoir-foncier.be/bail-a-ferme-de-nouveaux-modeles-types-de-contrat-pour-les-proprietaires-prives-et-publics/
Cette captation a été réalisée avec un nouveau micro (merci Charles), afin de mieux partager les débats du conseil communal et d’améliorer la qualité d’écoute pour toutes et tous.
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